Centre de tri postal
Mayenne (53)2021-2023

Maîtrise d’ouvrage : publique
Programme : Bâtiment à destination du secteur courrier de La Poste
Surface : 690 m2
Coût des travaux : 1 610 000 €HT, compris terrassements-VRD-aménagements extérieurs (220 000 €HT)
Statut : Livraison décembre 2023
Photographies :
Simon Guesdon et Tristan Brisard
Le Moniteur - 1er mars 2024
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Le palais du facteur rural
Situé en lisière d’un bourg mayennais, ce centre de tri postal s’inspire des univers agricole et industriel.
Ça commence comme un jeu de taquin, où il s’agit de revitaliser le coeur de bourg d’Ambrières-les-Vallées (Mayenne, 2 700 habitants), avec ses maisons, son groupe scolaire et ses rares commerces. Comment ? En en extirpant le centre de tri postal qui y est installé, pour libérer du foncier et accueillir ainsi de nouveaux programmes. Reste à trouver où le transplanter… Ce sera en lisière de bourg, dans la zone d’activités périphérique. « Nous sommes dans le cas de figure où une collectivité finance un équipement pour le louer ensuite à un opérateur privé, en l’occurrence La Poste », observe Tristan Brisard, architecte lauréat d’une consultation en procédure adaptée (Mapa). Une configuration qui a nécessairement influé sur la conception des lieux. « Le bâtiment a été imaginé dans un esprit de réversibilité, comme une grande halle avec des bureaux, afin qu’il puisse un jour accueillir de nouveaux usages, une entreprise, une petite industrie, etc. » ajoute-t-il.
Jeu avec la topographie. Qui dit zone d’activités d’entrée de ville, dit le plus souvent monotonie d’une collection de boîtes métalliques sans âme. « Il s’agit ici d’un entre-deux, en frange d’urbanisation, au contact des champs, sur un territoire rural de bocage. La Mayenne, c’est trois vaches laitières par habitant ! » relève l’architecte. Alors le bâtiment empruntera sa volumétrie au registre du vocabulaire agricole et de ses grands hangars, mais aussi à celui de l’industrie et de ses toitures à sheds, en panachant tout à la fois le métal et le bois. « Un choix technique qui permet d’amenuiser par endroits certaines sections de bois », précise Tristan Brisard. Concrètement ? Tout part d’une dalle béton portée sur un vide sanitaire ventilé (en raison du risque radon). Le jeu avec la topographie de la parcelle permet de ménager un quai de déchargement à 1,20 m de hauteur. Sur cette dalle s’élève une structure bois, avec des éléments métalliques ponctuels (piliers, poutres IPN, connecteurs) de couleur verte, une teinte empruntée à la charte architecturale du secteur, telle qu’élaborée par l’ABF.
Quant au bois, douglas et épicéa, il se retrouve en remplissage, en panneaux et en isolation sous forme laineuse. Tous les réseaux et chemins de câbles restent apparents, au prix d’une grande méticulosité dans leur dessin. « Nous n’utilisons pas de doublage, ni de faux plafonds, dans un esprit d’évolutivité et pour faciliter l’entretien et la maintenance. C’est ce que nous essayons de faire de plus en plus souvent sur nos projets », précise encore Tristan Brisard. Les deux versants sud de la toiture reçoivent, sur toute leur surface, une centrale photovoltaïque destinée à de l’autoconsommation collective pour les bâtiments municipaux. Pour faire bonne mesure côté environnement, les sols extérieurs sont en pavés drainants et des haies ont même été replantées. Ne reste plus, ces jours-ci, qu’à accueillir l’activité de tri postal proprement dite et ses équipements : casiers, rayonnages, tapis roulant et la quinzaine de véhicules électriques qui sillonnent le bocage.
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Jacques-Franck Degioanni
Cette construction s’installe dans la pente, au sein d’un tissu urbain hétérogène d’entrée de ville. Entre campagne et bâtiments agricoles, zone artisanale et entrepôts, son expression architecturale est hybride. Elle emprunte à ces deux identités.
Ce projet est un point d’étape du long processus de revitalisation du centre-bourg d’Ambrières-les-Vallées (53). L’entrepôt postal, jusqu’alors situé au coeur du village, laisse désormais la place aux habitants et à de nouveaux projets pour la qualité de leur cadre de vie.
Ce bâtiment a l’ambition de proposer une architecture qualitative à destination de ces espaces périphériques, en bordure urbaine, qui dénaturent un grand nombre de communes.
Fiche technique :
- Construction mixte béton - bois - métal,
- RE 2020,
- Bâtiment générique, réversible et réutilisable par d’autres entreprises,
- Gestion des eaux à la parcelle,
- Parkings drainants,
- Limitation des clôtures au strict minimum (trame verte et bleue),
- Replantation de haies bocagères,
- Centrale photovoltaïque destinée à l’autoconsommation collective de la commune (150 kVc),
- Réseaux intérieurs apparents et limitation des doublages inutiles (coût et maintenance).
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